Investir dans le P2P : retour d'expérience sur 9 ans de portefeuille en 2026
Bilan honnête de 9 années d'investissement P2P : chiffres réels, crises de 2020 et 2022, leçons apprises et un portefeuille actuel à 10,8 % de rendement.
Cet article n'est pas comme les autres : pas de tour d'horizon théorique, mais un retour d'expérience honnête sur 9 années d'investissement dans les prêts P2P — chiffres réels, erreurs commises, moments de crise et ce que je ferais autrement aujourd'hui.
1. Comment j'ai commencé à investir dans le P2P en 2016
En 2016, je cherchais une alternative aux comptes courants rémunérés. Le taux directeur était à zéro, mon livret rapportait 0,01 %. Je suis tombé sur un article consacré à Mintos et la curiosité a été immédiate : 12 % de rendement ? Cela semblait trop beau pour être vrai.
J'ai démarré prudemment : 500 € sur Mintos. J'ai configuré l'auto-invest, fixé la garantie de rachat comme critère obligatoire, puis attendu. Après 30 jours : 4,80 € d'intérêts. Annualisé : 11,5 % par an. Cela fonctionnait.
Aujourd'hui, 9 ans plus tard, j'ai investi sur 5 plateformes, traversé deux crises (la crise du Covid de 2020 et les défauts russes de 2022) et appris davantage que dans n'importe quel livre sur l'investissement P2P.
2. La chronologie : hauts et bas de 2016 à 2025
2016
Le départ. 500 € sur Mintos. Rendement : 11,5 %. Tout fonctionne sans accroc. Je porte le montant à 2 000 €.
2017
Diversification. Bondora entre dans le portefeuille. Rendement sur les deux plateformes : 10 à 12 %. Enthousiasmé, je continue à augmenter l'investissement.
2018
Lancement de Bondora Go & Grow. Ce nouveau produit à 6,75 % avec liquidité quotidienne devient un parfait coussin de liquidité. J'y investis 1 500 €.
2019
Meilleure année. Rendement Mintos : 12,9 %. Rendement global du portefeuille : environ 11 %. J'ajoute PeerBerry.
2020
Choc du Covid. Mintos gèle les retraits chez plusieurs originators. Bondora limite les retraits à 400 € par mois. Plusieurs originators tombent en insolvabilité. La valeur du portefeuille chute. Rendement : -1,3 % sur Mintos. Ma principale leçon : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
2021
Reprise. Mintos commence l'assainissement du portefeuille. Le rendement remonte lentement à 6,8 %. Je réduis l'exposition aux originators à risque.
2022
Guerre en Ukraine et défauts russes. Les originators ayant des liens avec la Russie font défaut. Je perds environ 180 € sur trois positions Mintos. Rendement : 8,7 %. Leçon : la géopolitique est un risque bien réel.
2023
Stabilisation. Le portefeuille est assaini. Mintos obtient une régulation européenne, propose de nouveaux produits (obligations, ETF). Rendement : 10,5 %. J'ajoute Estateguru pour diversifier vers l'immobilier.
2024
Année solide. Rendement global du portefeuille : 11,2 %. Toutes les plateformes livrent des résultats stables. Trade Republic baisse son taux à 3 % — l'attrait du P2P augmente.
2025
2025 jusqu'ici. Bondora abaisse son rendement à 6 %. Mintos introduit des frais sur les Custom Loans. Le portefeuille tourne entre 10 et 11 %. Le secteur est plus mature que jamais.
3. Mon portefeuille actuel en 2025
Voici à quoi ressemble aujourd'hui mon portefeuille P2P — après 9 ans d'expérience et deux crises :
| Plateforme | Part | Rendement | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Mintos Core Loans | 35 % | 9,1 % | Depuis 2016 |
| Bondora Go & Grow | 20 % | 6,0 % | Coussin de liquidité |
| PeerBerry | 25 % | 11,0 % | Depuis 2019 |
| Estateguru | 20 % | 10,5 % | Prêts immobiliers |
Rendement global 2024 : 10,8 % par an · Allocation totale : environ 8 % de mon patrimoine global · Temps consacré : environ 30 minutes par mois
4. Les 7 leçons les plus importantes de 9 ans de P2P
01 La diversification sauve les portefeuilles
Ceux qui avaient tout placé sur Mintos en 2020 ont souffert. Ceux qui étaient diversifiés sur au moins 3 plateformes ont mieux dormi. Jamais plus de 30 à 40 % sur une seule plateforme.
02 La garantie de rachat est utile, mais pas infaillible
Une garantie ne vaut que ce que vaut son garant. En 2020, beaucoup l'ont appris à leurs dépens : quand l'originator tombe en insolvabilité, la garantie disparaît avec lui.
03 La revue régulière est obligatoire
Le P2P n'est pas du « set and forget » — du moins pas sur les Custom Loans. Vérifier le tableau de bord une fois par mois évite les mauvaises surprises.
04 N'investir que de l'argent dont on n'a pas besoin
En 2020, j'avais besoin de liquidités à court terme. Bondora a limité les retraits. Depuis : 3 mois de salaire toujours disponibles sur un compte courant rémunéré.
05 La régulation est déterminante
Les plateformes disposant d'une licence européenne se sont nettement mieux comportées en 2020 et 2022 que les acteurs non régulés. Je n'investis plus que sur des plateformes régulées par l'AEMF ou la BaFin.
06 Anticiper la fiscalité dès le départ
J'ai oublié l'impôt la première année. La régularisation a été désagréable. Aujourd'hui : je provisionne mentalement 25 % de chaque versement d'intérêts.
07 La patience est récompensée
Ceux qui ont paniqué et vendu en 2020 ont matérialisé leurs pertes. Ceux qui ont tenu ont vu la reprise. Le P2P récompense la patience — la vision à court terme la punit.
5. Mes plus grosses erreurs
Erreur 1 : trop concentré sur Mintos en 2019
Au plus haut, j'avais 70 % de mon capital P2P sur Mintos. Quand les défauts sont arrivés en 2020, le choc a été réel. Aujourd'hui : 35 % maximum sur une seule plateforme.
Erreur 2 : ne pas avoir exclu assez tôt les originators russes
Cela m'a coûté 180 € en 2022. J'avais sous-estimé les risques géopolitiques. Aujourd'hui, je filtre activement les Custom Loans selon le pays d'origine de l'originator et j'exclus les régions à risque.
Erreur 3 : ne pas avoir téléchargé les rapports annuels à temps
Certaines plateformes effacent les anciens rapports au bout d'un certain temps. J'ai dû exporter manuellement, avec difficulté, des données de transaction. Aujourd'hui : téléchargement automatique chaque 1er janvier.
6. Ce que je ferais autrement aujourd'hui
- Diversifier plus tôt sur davantage de plateformes — au lieu de rester concentré 3 ans sur Mintos
- Utiliser Bondora Go & Grow dès le départ comme coussin de liquidité — ne pas placer tout l'argent P2P sur des produits bloqués
- Suivre la fiscalité dès le premier jour — un simple tableur Excel suffit
- Ne pas tomber dans les promesses de rendement supérieur à 14 % — ces plateformes n'existent généralement plus en 2025
- Intégrer plus tôt les prêts immobiliers — Estateguru est mieux garanti et plus stable que les prêts à la consommation
Avertissement risque : ces expériences sont personnelles et ne garantissent aucun résultat similaire. Les prêts P2P sont risqués — les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
FAQ
Depuis combien de temps investis-tu dans les prêts P2P ?
Depuis 2016, soit 9 ans. J'ai vécu deux grandes crises (2020 et 2022) et je suis resté investi. Le rendement global sur toutes ces années s'établit en moyenne à 9,4 % par an après défauts.
As-tu perdu de l'argent pendant la crise du Covid ?
Sur le papier, oui — la valeur du portefeuille a chuté en 2020 à cause des prêts gelés. En réalité, j'ai perdu environ 220 € à cause d'originators en défaut sur Mintos. Cela représente environ 2,8 % de mon capital P2P de l'époque — douloureux, mais supportable grâce à la diversification.
Recommencerais-tu le P2P aujourd'hui ?
Oui — mais avec davantage d'expérience. Je répartirais d'emblée sur 3 plateformes (Bondora pour la liquidité, Mintos pour le rendement, Estateguru pour la sécurité), je n'investirais jamais plus de 8 % de mon patrimoine global et je tiendrais un suivi fiscal dès le départ.
Avertissement risque : il s'agit d'un témoignage personnel. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Les prêts P2P peuvent entraîner une perte totale du capital. Aucun conseil en investissement. Données à jour : avril 2025.